Mohammed Kenzi

Der Spiegel

Traduit par Menga Juon

(zum Original «MIROIR»)

 

Das Haus, das du nicht bewohnst, gibt es nicht
keine Mauer, keinen Saal, die du nicht kleidest.
Du bist der eine, stumme Zeuge der Dielen,
der Vertraute der kleinen und grossen Verbündeten aller Dinge.

Gewisse vertrauen sich dir widerwillig an,
provokativ zeigen andere dir ihre Hölle
und wieder andere, weniger stolze,
tauchen ein, in die Schimmer deiner klaren Wasser.

Sollte die Jugend dich verehren,
Gott, so verachtet das Alter dich.
Bedrängt von Liebe, Wahn, Hass und Abscheu,
was uns auch berühre, was mit uns auch geschehe,
deiner Natur stets getreu, ach, stumm bleibst du Spiegel,
glatter Zeuge unseres bartlosen Ärgers.

Sollten die Schönen dir einen Augenblick lang ihre Geheimnisse offenbaren,
Jüngelchen Pickel vor deiner Nase ausdrücken,
Lilien und narzistische Verletzlichkeit
werden am Himmel die dunklen Zyklen aufbrechen sehen,
hochsteigen, die Krallen der Zeiten in deinen Wassern.

Du kennst die Geheimnisse der Grossen dieser Welt,
all jene Mächtigen, die sich vor deinen Energien ängstigen
Ich jedoch, der dich dort seit so langer Zeit sieht,
eingemauert seit nun erschlagenden siebzig Jahren,
danke dir, du erhieltst mich am Leben.

Sollte meine Schöne, ein Chouya verfrüht alt geworden
… oh, Spiegel, enthülle es ihr nicht.
Du, der du weder lügen kannst, noch Zauberworte entziffern,
keine falsche Noten, wenn der Abend hereinbricht
Lass ihr, ich bitte dich, ihre kümmerlichen Illusionen,
ihr einstiges, flüchtiges Lächeln.

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Mohammed Kenzi

MIROIR

Il n’y a pas une maison que tu n’habites,
pas un mur, pas un hall que tu n’habilles.
Tu es le grand témoin muet des vestibules,
le confident des petits comme des grands
complice malgré toi de bien des choses.

Certains se confient à toi des bouts des lèvres
et d’autres par provocation te font voir l’enfer
d’autres moins fiers
plongent sans demi-mesure sans grâce, sans retenu, sans gloire,
sans honneur dans les reflets de tes eaux claires et limpides.

Si la jeunesse te vénère,
la vieillesse dieu te hait,
pris entre l’amour, la folie, la haine et le dégoût,
quoi qu’il nous arrive, quoi qu’il se passe,
hélas silencieux toujours par nature, tu le resteras miroir
lisse témoin de nos colères imberbes.

Si les belles un instant te confient leur secret,
jeunettes, boutons, les crèveront sous ton nez,
fleurs de lys et ombrageux narcissiques verront, hélas,
poindre à l’horizon les mauvaises saisons
dans tes eaux apparaître les griffes du temps.

Tu connais les secrets des grands de ce monde,
tous ces puissants qui se méfient de tes ondes.
Mais moi qui te vois là depuis si longtemps,
emmuré depuis bientôt septante ans tapant,
je te rends grâce de m’avoir garder vivant.

Si ma belle un chouya vieilli prématurément...
Ô! Miroir fait en sorte qu’elle ne le voit pas,
toi qui ne sais ni mentir ni user de grimoires,
point de fausses notes quand viendra le soir.
Laisse lui, je t’en conjure ses maigres illusions,
son petit rire d’antan, celui de ses vingt ans.

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