Mathias Brambilla

La cendre du poete

(Traduction « Die Asche des Lyrikers »)

Dans le pénombre de la nuit
ta chevelure est un grain de beauté
Voilà que mon coeur s’épanche sur la mare de ton âme
et les maisons s’effondrent
J’avance en âge et mon corps sanglote
alors que ma flèche te pénètre de ton sang
Que faire sinon mourir pour mieux renaître et paître le blé du siècle
Dans la caverne je t’ai vue avec la Muse et le poète
Je t’ai laissé le joyau de ma vie d’un geste faible et furtif
As-tu vu mon labour dans le livre de la conscience
comme une pomme sur le sein de la montagne
Voilà la neige dans ma chambre et la toile déchirée
Tu as laissé un goût d’étoile sur le musc de ma bouche

Tes lèvres sont plus rouges que le froid qui sort de ma gorge
et ta chemise flambe dans le creux de mes joutes
Je ne suis plus cavalier de l’autre monde
mais une goutte sur la blessure de ta cuisse
La brèche fragile de mon désir m’est douloureuse
et le peut-être d’un futur vague me terrasse
Moi qui t’envoie le cri du chat derrière la fenêtre
alors que les nuages s’accumulent dans ma vision
Sombre est le martyr loin de toi et pleine est la voix de l’artiste
dont le maillet sculpte ton corps de cendre

Apprends-moi la colère de l’été et le souffle de l’haleine
Dis-moi le violon dans le crâne de la ville
et la rose pétale malade
Crie-moi ton désespoir du sommet de l’orage
pour me dire ce que je te dédie
Le manoir à l’océan fourbu et la crevasse dans le chemin des morts
Le nautonier me mène dans le cité fantôme
Je meurs dans le chant de tes poumons aux lotus blancs
et plus pâles que le soleil des lacs souterrains
pour quitter le brouillard des fées et planter ma plume dans le creux de ta paume

Le soleil brille pour la première fois
Et ta chevelure tombe à la cascade des étoiles
La lune de ta lèvre me manque et le rayon de ta bouche a fleuri
Que de désir à mordre ton buste quand de ta poitrine perlent des roses
La chaleur de tes cuisses a gercé mon amour
J’agrave des pierres dans tes cheveux
et sème des cimetières sur la pointe de tes seins
Ce qui précède la mort et ce qui la suit
comme un fleuve à la voix rauque dans le ventre de la mort
Tu es le fantôme qui tient mon bras sous les bombes
La Parque aux yeux crevés
Galope sur les plages d’os et de squelettes
et je soignerai tes jarrets dans l’ombre sanguinaire
Le meurtre de ta souffrance me mènera dans la langue de la vague
et nu sur la côte du premier hiver de l’histoire
Je pleurerai tout mon saoul

Ma main dans la soie de ton pagne me mène dans l’abîme
Que faire sinon crever dans la carcasse de la nuit
Que faire sinon de mon cri effleurer la maladie de tes sanglots
Je percerai tes yeux au jour blanc de la montagne
et les nuages feront la guerre pour te conquérir
dans la fin des mondes
J’attacherai tes ombres dans le limon du jour
et planterai des perce neiges sur ton regard
Je gravirai la tour de tes arbres et me briserai dans ta poitrine
car j’ai coulé tes cils sur le lit de la mort
Dans la dent du loup qui aboie se trouve le nœud de mon hurlement
Le blizzard de ta gorge a gonflé dans l’église
et le glas a donné des coups de cloches sur mon front
J’aurais tant voulu t’écouter dans la corne de l’autel
et rassembler tes chants dans un fagot de cierges
J’imagine un cri
Ton souffle brise la glace des charognes
Enlace le corps du Christ agonisant sur la colline
L’homme l’a coulé dans le crépuscule
A l’autel le vampire de l’aube mordra ta lèvre inerte
et fera palpiter tes doigts devant les masques et les idoles

Le printemps sera le nôtre dans les cathédrales de cartes
et d’eau fraîche nous arracherons les ailes des aigles
Nous volerons parmi les nuages pour la migration des galaxies
Amertume
La neige que tu as cuite sur l’été en célébrant mon nouvel âge
a fait rougir les joues de mes matinées
Et le troène de ta voix a chaviré dans les champs
Tu es mon unique dans un temps qui coule sur les veines de mes yeux
la femme dont la danse des pieds écrase mes épaules
Deviens le pétale sur ma langue
La rose dans mon oreille
Bourdonne dans le miel de mon hurlement
Lorsque mous réchauffons l’automne de nos mains
Nous pleurerons

Ta rousseur est la banquise sur ma page de papier
Dans le Nord je t’emmènerai boire au froid de ma chambre
Sur la paille je t’écoute trembler
Tu as emprisonné tes cheveux dans tes frissons
car la fièvre de nos êtres a tué la main déchiquetée
et dans la mort nous vieillirons en gravant sur la glace des corps meurtris
Je te représente dans la chute des flocons que je mange
La grêle au gisant des vaisseaux a traversé l’espace et le chaos
Les marins se sont noyés dans nos étreintes
et l’échange des paroles a donné la tombe
Au nom charriant les cimetières ma mort n’est plus un souvenir
car tu fouettes mon sang et l’hiver et le temps
Et les secondes s’effacent sur la terre crevée
Quand je plaque ton portrait dans le corps recroquevillé de la ville
pour célébrer les aubes présentes

Ton regard s’est posé sur mes yeux vides
et du bleu des iris je te déshabille pour renaître
Ne prends pas froid dans le givre des cadavres
Chante loin des cages de papier
Deviens ma louve et prend mon corps pour écharpe
car ce soir les bombes tombent dans mon coeur de porcelaine
Dans les parages obscurs je te regarde
Tu t’es retranchée dans le célibat et l’agneau saigné
Les chaînes s’effondrent dans ma conscience morte
Que faire du lac dans l’hiver et de nos corps gelés
Dans les salles de feu j’ai touché mon épaule
Je ne veux pas trouer la terre pour célébrer tes larmes
Je désire mordre dans a cuisse mate
Effleurer ta peau dans les tranchées du dégoût
Les louves te crient dans les clairières vacantes
Le flux des oies coule dans la boue saillante
Dormir avec tes chants parsème mon buste de fleurs fanées
Te tuer serait un bon présage pour célébrer la dureté de l’océan

Je suis un incompris
un mal aimé dans la rougeur de l’océan
La femme de ma vie est une rose derrière mon épaule
J’ai su ce qu’est l’amour
Quand donc le retrouverai-je
Je pleure des larmes devant le courage des Saintes
Je ravale mes sanglots pour ne pas pleurer devant mes frères
Je m’évade vers celle qui fut et lui refuse ma présence
Tu n’es pas le magnolias enterré ne même les ossements dans la terre
Tu es celle qui fut et qui sera dans le requiem tragique de ma mort

Je songe à tes vêtements de pierre
à ton corps immaculé
Les bombes tombent sur nos joues cadavériques
et dans la pleine nous nous entre-tuons
Les fumées parsèment les vallées et les fantômes sortent des tombes
Les os surgissent de la mort et entaillent ta poitrine blanche
Je ne connais que ton visage et tes mains
J’imagine ma paume dans ta jupe et ma langue sur ton œil
Nous sommes à nous deux un buffle qui galope sur la langue des montagnes
Un fémur sur ta lèvre de l’été
Pourquoi m’as tu déterré du monde des morts
Surgissant du limon, je fais craquer ta vertèbre
et fais de ton épine dorsale un crotale
L’odeur des cadavres enivre nos veines
Je suis la marionette qui a perdu son ombre
l’exil des cachalots
Les pieuvres de nos bras se perdent dans les embruns
La mer se déchaîne sur la pierre de nos âmes
Plaquons à terre les nuages
Parfumons les arbres morts et leurs mandibules
Faisons l’amour aux cafards pour renaître des tranchées
La douille se perdra dans ma jambe
Je damne Dieu et t’ignore
La lune a tanné la nuque de nos ébats

Les giboulées nous assomment
Des caillots de sang massacrent la ville
Les maisons croulent sous le poids de leur remords
La viande me manque et j’avale les montagnes de sel
les déserts de crânes
Je ne puis te voir en cette aube car tu es avec ton frère

Je voudrais tant découper tes ailes pour les clouer sur le mur des fusillés
et boire à ton ventre plus pâle que le matin
tes yeux qui gonflent dans l’obscurité de janvier
De tes arcades perlent des roses sombres
Dans les troncs j’ai taillé ton visage
et sur ts mains j’ai gravé une absence
Ma conscience plus profonde qu’une ombre
est défunte dans la mer aux vagues de miel
et j’ai découpé dans le ciel un demi-dieu
pour te crier dans la pluie lourde
Que de corps à gravir dans la montagne des sens
Retrouvons nous le noir de la nuit sur la toile
Briserons nous la statue de l’hiver pour célébrer le givre des geôles
Les brumes pèsent sur ton bassin gelé
et le buste de mon âme a gravi tes caresses
Je briserai tes os à force de t’étreindre
et soignerai ton regard dans le miroir du vide
où la terre féconde ses troupeaux au nom de la guerre vacante

La milice de la nuit t’accule le parlement des fleurs
et ton logis est hanté par le danger de pourrissement
Défend tes voiles et tes chants dans la guerre des montagnes
là où le chamois frôle le roc sans le toucher
Pourfendre la nuit de ton ennemie nous mènera à la tête des troupeaux
et dans les champs nos baisers feront d’autant plus de vacarme
Nos bouches gronderont sur les cacades froides
et dans une lagune je cueillerai ta chevelure sauvage
Au sable nous brûlerons nos mots
Dans l’océan de l’hiver
nous plongerons nos reins pour sombrer à pic
afin de commémorer la nuit dans le vin chaud de la mer
Je suis le seiche
l’invertébré
la vipère devant la paille
Et tu te vêt de monochromes gris dans le bruit
La fureur de monde
Nous consolerons ton frère en lui trouvant son Dieu
dans la pierre de la vie

Il me faudra du temps pour fendre la lune et donner la sueur au soleil
Il me faudra du temps pour agrandir le pétale des fleurs
et faire naître l’agneau
Mon désir a ouvert les yeux sur le lait qui coule dans tes veines
jusqu’à faire d’elles une rainure bleue sur la nuit
Ta peau a la couleur de la neige pour qui je saigne
Des lys sortent de mes poignets que j’ai guillotinés dans l’obscur
Tu es le symbole
La femme au corps de feu
Notre fragilité devient universelle dans la poitrine de la terre
Quittant nos corps éteints nous célébrons la nuit
Nous tutoyons le néant
Que faire devant le vide de nos ébats
Sens tu un désir vers moi
une vague d’oliviers sur la terre
comme un vent d’été sombre

Exil de maison en maison
de demeure en demeure
J’ai quitté le Manoir des songes et suis seul devant toi
pour célébrer l’étoile que tu incarnes
le centaure qui beugle
Ta voix est celle d’un battement d'aile
Ton timbre un papillon dans les champs de mon sang
Sur les veines de mes bras tu vas
au rythme effréné du mouvement de la paupière
Sur les rides de ma face tu meurs et te cambres dans ma bouche
Tu es la couleuvre séchée
La peau de serpent qui erre
Je t'ai présenté l'écrivain de la mort
le nuage crevé
Je t’ai fait part de mon corps qui voudrait se rompre sur ton bassin
De tes reins sortent des cris de loup
des cris de femme

Mathias Brambilla

 

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Die Asche des Lyrikers

Traduit du français par Menga Juon

Im Halbschatten der Nacht
ist dein Haar ein Schönheitsfleck
Da, mein Herz schüttet sich im Teich deiner Seele aus
und die Häuser stürzen ein
Ich schreite im Alter voran und mein Körper wimmert,
während mein Pfeil blutig in dich eindringt
Was anderes tun, als sterben um wieder besser aufzuleben,
um den Anschein des Zwanzigsten Jahrhunderts zu geben
In der Höhle hab ich dich mit der Muse und dem Lyriker gesehen,
mit einer schwachen, flüchtigen Geste hab ich dir das Kleinod meines Lebens überlassen
Hast du meine Arbeit im Buche des Gewissens gesehen,
wie ein Apfel auf der Brust des Berges
Da, der Schnee in meinem Zimmer und die zerschlissene Leinwand
Du hast einen Nachgeschmack auf dem Zimtstern meines Mundes hinterlassen

Deine Lippen sind röter als die Kälte, die aus deinem Hals strömt,
und deine Bluse glüht in der Aushöhlung meiner Wortgeflechte
Ich bin nicht mehr der Ritter der andern Welt,
aber ein Tropfen auf der Verletzung deines Schenkels
Die zarte Lücke meiner Begierde schmerzt,
und das Vielleicht einer vagen Zukunft übermannt mich
Ich, der dir den Schrei des Katers hinter dem Fenster zuwirft
während die Wolken sich in meinem Blickfeld stauen
Düster ist der Märtyrer, dir fern
und tragend die Stimme des Künstlers,
dessen Hammer deinen Aschenkörper meisselt

Zeige mir die Welt des Sommers und den Atem des Hauchs,
nenne mir die Geige im Schädel der Stadt
und die Rose mit den kranken Blütenblättern
Schrei mir deine Hoffnungslosigkeit vom Gipfel des Gewitters aus zu
um mir zu sagen, was ich dir zueignen soll:
Den Landsitz mit dem ermatteten Ozean
und die Schramme auf der Strasse der Toten
Der Fährmann führt mich in die Geistersiedlung
Ich sterbe unter dem Gesang deiner weissen Lotuslungen,
blasser als die Sonne der Untergrundseen,
um dem Nebel der Feen zu entrinnen und meine Feder in deine Handfläche zu stecken

Die Sonne glänzt zum ersten Mal,
und dein Haar stürzt in den Sternenwasserfall
Der Mond deiner Lippen fehlt mir,
und der Strahl deines Mundes blüht auf
Welche Lust, in deinen Oberkörper zu beissen,
wenn von deiner Brust Rosen perlen
Die Wärme deiner Schenkel an meiner Liebe aufgesprungen
Ich binde Steine an dein Haar
und säe Friedhöfe auf die Spitze deiner Brüste
Das dem Ende Vorangehende und das ihm Folgende,
wie ein heiserer Fluss im Bauche des Todes
Du bist der Geist, der meinen Arm unter den Bomben festhält,
die Parze mit den durchstochenen Augen
Galoppiere am Strand der Knochen und Skelette,
ich werde deine Kniekehlen im blutrünstigen Schatten pflegen
Der Mord deines Leidens wird mich zur Sprache der Wellen führen
und nackt, am Ufer des ersten Winters der Geschichte,
werde ich meine tiefe Trunkenheit beweinen

Meine Hand unter der Seide deines Lendenschurzes führt mich in den Abgrund
Was wohl tun, ausser im Rumpf der Nacht zu sterben
Was tun, ausser mit meinem Aufschrei die Krankheit deines Schluchzens zu berühren
Im Weiss des Bergtages werde ich deine Augen durchstechen,
und die Wolken werden einen Krieg führen,
um dich im Untergang der Welten zu erobern
Ich werde deine Schattenbilder am Schlamm des Tages festbinden
und Schneebeeren an deinen Blick heften
Ich werde den Turm deiner Bäume besteigen,
mich auf deiner Brust zerschlagen,
denn ich habe deine Wimpern ins Totenbett eingraviert
Im Zahn des bellenden Wolfes befindet sich der Knoten meines Aufschreis
Der Blizzard deines Halses ist in der Kirche aufgeschwollen,
und das Totengeläut hat mir Glockenklänge auf die Stirn geschlagen
Ich hätte dir so gern an der Hecke des Altars zugehört
und deine Gesänge wie Wachslichter zu Reisigruten gebunden
Ich stelle mir einen Schrei vor
Dein Atem zerschellt das Eis der Köder
Umarme den Körper des mit dem Tod ringenden Christus auf dem Hügel,
der Mensch hat ihn ins Dämmerlicht gegossen
Beim Altar wird der Vampir der Morgenröte in deine toten Lippen beissen
und deine Hände vor den Masken und Götzen zum Zucken bringen

Der Frühling in den Kartenkathedralen wird unser sein
und mit frischem Wasser werden wir dem Adler die Flügel ausreissen
Zwischen den Wolken werden wir fliegen,
dem Zug der Milchstrassen entgegen
Bitterkeit
Der Schnee, den du mir im Sommer gekocht hast
meinem neuen Alter zur Ehre,
hat die Wangen meiner Vormittage erröten lassen,
und der Liguster deiner Stimme ist im Feld untergegangen
In der in den Adern der Augen dahinfliessenden Zeit bist du meine Einzige,
die Frau, deren Fusstänze meine Schultern zertrampeln
Werde das Blütenblatt auf meiner Zunge,
die Rose in meinem Ohr,
summe im Honig meines Gebrülls
Wir werden weinen, wenn wir den Herbst in unseren Händen aufwärmen

Deine Röte ist Packeis auf meiner Schreibseite
In den Norden, in die Kälte meines Zimmers werde ich dich zu trinken führen
Im Stroh hör ich dich zittern
Du hältst dein Haar in deinem Schauer gefangen,
denn das Fieber unseres Seins hat die aufgesprungene Hand getötet,
und im Tod werden wir altern, auf das Eis der wunden Körper klettern
Im Fall der Flocken, die ich esse, bilde ich dich ab
In den Gefässen der Grabstele hat die Graupel Raum und Chaos durchquert
Die Matrosen haben sich in unseren Umarmungen ertränkt,
und die Wortwechsel erschufen das Grab
Im Namen vorangeschobener Friedhöfe ist mein Tod keine Erinnerung mehr,
denn du peitschst mein Blut aus, den Winter, die Zeit
Die Sekunden verwischen sich in der aufgeschlitzten Erde,
wenn ich dein Bildnis in den zusammengeschrumpften Körper der Stadt drücke,
um den Tageseinbruch des Gegenwärtigen zu feiern

Dein Blick hat sich auf meine leeren Augen niedergelassen,
und mit dem Blau der Iris entblösse ich dich, um wieder aufzuleben
Erkälte dich nicht im Reif der Leichen,
singe, in der Ferne des papiernen Käfigs,
werde meine Wölfin und nimm meinen Körper zur Schlinge,
denn in meinem Porzellanherz fallen heute Abend Bomben
In den dunklen Pflugspuren schaue ich dich an,
du hast dich und das ausgeblutete Lamm aus dem Zölibat ausgeschlossen
Die Ketten in meinem Gewissen springen auf
Was tun, mit dem Wintersee und unseren erfrorenen Körpern
In den Feuersälen hab ich meine Schulter berührt
Ich will die Erde nicht durchlöchern, um deine Tränen zu feiern
In deinen matten Schenkel will ich beissen,
deine Haut im Einschnitt streifen
Die Wölfinnen schreien dir aus offenen Waldlichtungen zu
Der Zug der Gänse geht im hochschwappenden Schlamm unter
Der Schlaf mit deinen Liedern bestreut meine Brust mit welken Blumen
Dich zu töten wäre ein klares Zeichen, um die Härte des Ozeans zu zelebrieren

Ich bin ein Verkannter,
ein Schlechtgeliebter im Rot des Ozeans
Die Frau meines Lebens ist eine Rose hinter meiner Schulter
Ich wusste, was Liebe ist
Wann denn, werde ich sie wiederfinden
Ich weine meine Tränen vor dem Mut der Heiligen
Ich schlucke meine Schluchzer, um vor meinen Brüdern nicht zu grämen
Ich entfliehe zu der, die war, und verschweige ihr meine Anwesenheit
Die begrabene Magnolie bist du nicht, selbst die Knochen in der Erde nicht
Die, die war und sein wird, bist du im tragischen Requiem meines Todes

Ich denke an deine steinernen Kleider,
an deinen unbefleckten Leib
Die Bomben stürzen auf unsere Leichenwagen,
und in der grossen Ebene bringen wir einander um
Der Rauch übersät unsere Täler,
und die Geister steigen aus ihren Gräbern
Die Knochen des Todes tauchen auf,
schlitzen die weisse Brust auf
Ich kenne bloss dein Gesicht und deine Hände
Ich stelle mir meine Handfläche in deinem Rock vor und meine Zunge auf deinem Auge
Wir sind einander Büffel, die auf der Bergzunge galoppieren,
ein Oberschenkelknochen auf der Lippe des Sommers
Warum hast du mich aus der Totenwelt ausgegraben
Aus dem Schlamm ringend, knacke ich deine Wirbel
und mache aus deinem Rückgrat eine Klapperschlange
Der Leichengeruch berauscht unsere Venen
Ich bin die Marionette, die ihr Schattenbild verloren hat,
die Verbannung der Pottwale
Die Kraken unserer Arme verderben im Dunst,
das Meer wütet auf dem Stein unserer Seelen
Schmettern wir die Wolken zu Boden,
parfümieren wir die abgestorbenen Bäume und ihre Mandibula
schlafen wir mit den Petzern, um aus den Nachwehen geboren zu werden
Die Tülle wird sich in meinem Bein verlieren
Ich verdamme Gott und ignoriere dich
Der Mond hat den Nacken unserer Liebesspiele gegerbt

Der Graupelschauer betäubt uns
Blutkiesel metzeln die Stadt nieder
Die Häuser stürzen unter dem Gewicht ihrer Schuldgefühle ein
Das Fleisch fehlt mir und ich verschlinge die Salzberge, die Wüsten der Schädel
Ich kann dich in dieser Morgendämmerung nicht sehen,
denn du bist mit deinem Bruder

Ich möchte so gern deine Flügel zerreissen,
sie auf die Hinrichtungsmauer nageln,
und aus deinem Bauch, bleicher als der Morgen trinken,
aus deinen, in der Finsternis des Januars anschwellenden Augen
Von deinen Arkaden fallen dunkle Rosen
In den Baumstrunk habe ich dein Gesicht geschnitzt
und auf deine Hände eine Abwesenheit geritzt
Mein Gewissen, tiefgründiger als dein Schatten,
ist im Meer der Honigwellen gestorben
Im Himmel hab ich einen Halbgott ausgeschnitten,
um dir im bleiernen Regen zuzurufen
Nichts als Körper auf den Bergen der Sinne besteigen
Werden wir das Schwarz der Nacht auf der Leinwand wiederfinden
Werden wir die Statue des Winters zertrümmern,
um den Reif der Kerker zu ehren
Die Nebel wiegen schwer auf deinem gefrorenen Becken
und die Brust meiner Seele ist auf deine Liebkosungen geklettert
Ich werde deine Knochen in inniger Umarmung brechen
und deinen Blick im Spiegel der Leere pflegen,
wo die Erde ihre Herden im Namen des offenen Krieges befruchtet

Die Nachtmiliz verfolgt dich im Blumenparlament,
und die Verschmutzung bedroht dein Heim
Verteidige deine Segel und deine Lieder im Krieg der Berge,
dort wo die Gemse den Fels streift, ohne ihn zu berühren
Gegeisselt wird die Nacht deines Feindes
uns auf die Spitze der Herde und auf die Felder führen,
unsere Küsse werden umso mehr Lärm machen
Unsere Münder werden unter den kalten Wasserfällen mürrisch ausrufen
und in einer Lagune werde ich deine wilden Haare pflücken
Im Sand werden wir unsere Wörter verbrennen
In den winterlichen Ozean
werden wir unsere Nieren tauchen und jäh untergehen,
gedenken der Nacht im Glühwein des Meeres
Ich bin die sich aufbäumende Welle
die Wirbellose,
die Viper im Stroh,
und du kleidest dich im Lärm mit grauer Eintönigkeit
Raserei der Welt
Wir werden deinen Bruder trösten,
ihm im Stein des Lebens seinen Gott finden

Ich benötige Zeit, um den Mond zu spalten
Ich benötige Zeit, um das Blütenblatt der Blumen zu vergrössern,
um das Lamm zu gebären
Meine Wolllust hat die Augen auf die fliessende Milch in deinen Venen gerichtet
bis sie eine blaue Furche in der Nacht bildeten
Deine Haut hat die Farbe des Schnees, für den ich blute
Lilien, die ich in der Finsternis geköpft habe, entspringen meinen Handgelenken,
Du bist das Symbol,
die Frau mit dem Feuerkörper
Unsere Zartheit wird allumfassend in der Brust der Erde
Unsere erkalteten Körper verlassend, feiern wir die Nacht
Wir duzen das Nichts
Was tun vor unseren leeren Liebesspielen
Spürst du einen Drang zu mir,
eine olivenfarbene Welle auf der Erde
wie ein düsterer Sonnenwind

Verbannung von Haus zu Haus,
von Ruhestätte zu Ruhestätte
Ich bin aus dem Schloss des Nachsinnens ausgezogen
und steh allein vor dir, um den Stern, den du verkörperst, zu feiern,
zu brüllen, wie der Zentaur
Deine Stimme ist die eines Flügelschlages
Dein Timbre ein Schmetterling auf den Feldern meines Blutes
Auf den Venen meiner Arme
gehst du im Takt des zügellosen Wimpernaufschlages
Auf den Runzeln meines Angesichts stirbst du,
beugst du dich in meinen Mund
Du bist die vertrocknete Blindschleiche,
die irrende Schlangenhaut
Ich habe dir den Schriftsteller des Todes vorgeführt
die zerplatzte Wolke
Ich habe dir meinen Körper geopfert
Er möchte auf deinem Becken zusammenbrechen
Deinen Nieren entwischen Wolfsschreie,
Frauenschreie

 

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